Retour en France à Montesson le jeudi 10 mai 2012. Merci à tous ceux qui nous ont suivis durant cette aventure. L'hémisphère Sud en 280 jours

mardi 18 octobre 2011

BOLIVIE

SUD-LIPEZ ET SALAR D'UYUNI - 8 au 17 octobre  


Après 24 heures passées à Oruro, ville sans charme mais avec une sympathique place centrale, nous prenons le train de nuit pour Tupiza, qui nous semble être un point de départ plus intéressant qu’Uyuni pour le sud bolivien. A noter tout de même d’excellents salteñas dégustés avec de délicieux jus d’oranges sur cette même place. Le train longe le lac Poopó, que nous devinons grâce à un joli clair de lune. Au départ, la pub du train nous vante un trajet unique, inoubliable, dans des wagons top confort. C’est vrai, manger des pâtes et une omelette dans le wagon restaurant donne des airs d’Orient Express ; c’est vrai, les paysages au petit matin sont somptueux…Pourtant nous oublierons vite les deux navets américains passant sur les écrans avec un son, lui, en revenche, inoubliable pour lequel il faudra se fâcher un peu…                            

A Tupiza, première rencontre depuis notre départ avec une famille voyageuse, la famille Bellanger (Marius, Tom, Arthur et leurs parents). Journée et soirée agréables en leur compagnie, nous les retrouverons peut-être plus au sud. Voir leur site dans la rubrique « Blogs d’amis voyageurs ».


Freddy le pilote et Emma la cuisinière nous accompagnent pour ces 4 jours dans le sud de la Bolivie.
Au fil des pistes, nous apercevons parfois des maisons isolées, à côté d’enclos murés avec troupeaux de lamas dont les têtes dépassent. Mais surtout, nous avons droit à une succession de paysages, synthèse des environnements désertiques de la planète : des colonnes imitant des termitières rouges géantes, des paysages dignes du Far West, ou des dunes de sable n’ayant rien à envier à celles du Sahara. Aussi d’immenses vallées ressemblant au grand rift de l’Est africain, où on devine un lit de rivière, le plus souvent à sec, bordé d’herbe et de petits arbustes verts ; les gnous, zèbres et girafes sont  simplement remplacés par des moutons, lamas et vigognes.

Nous passons aussi à proximité de geysers à près de 5000m, avec un vent à décorner les lamas.

Une piscine naturelle à 37° dans le salar de Chalviri

Enfin, un festival de lacs très colorés, d’où souvent leur nom. Un des plus connus est la laguna verde, au pied du volcan Licancabur (frontière avec le Chili). La NASA y a envoyé certains de ses équipages, l’atmosphère hostile et les paysages lunaires s’approchant de ce que les astronautes rencontraient sur la Lune. De mauvaises langues ont pu affirmer que c’était aussi plus simple d’y filmer leurs expéditions lunaires… La laguna colorada est la plus majestueuse, par son étendue, sa couleur (des zones rouge-sang) et surtout les milliers de flamands, indifférents au vent, souvent sur leur unique frêle patte, alors que nos deux jambes nous suffisent à peine pour faire face aux bourrasques. La nuit le froid est terrible. Il a fallu multiplier les épaisseurs pour éviter la congélation. La soirée a été sauvée par un vieux poêle. C’est ici que nous rencontrons d’autres couples partis eux-aussi avec « Tupiza Tour », Laure et Gwen, Marion et Mathias, Livia et Tanguy. Les conditions climatiques difficiles resserrent les liens. 
   
  
 


La dernière nuit a pour cadre un petit hôtel entièrement conçu en briques de sel, en bordure du salar. Le salar est un immense désert de sel, dont la superficie est l’équivalent de 2 départements accolés, comme la Vienne et la Haute-Vienne (au hasard). A 3600m d’altitude et sur 40m d’épaisseur, il est constitué de couches de sel et de glaise. Plus de la moitié des réserves mondiales de lithium s’y trouve : le gouvernement bolivien prévoit à terme son exploitation, sous contrôle total du pays pour exportation, et ce malgré la protection théorique du site.






Les pilotes s’amusent à se courser autour de 120km/h. Le sel est parfois très lisse, souvent prenant des formes hexagonales. Nous atteignons l’Isla del Pescado, au lever du soleil. Magnifique île plantée au milieu du salar, avec de gros cactus. Etrange impression de vaisseau fantôme sur une mer irréelle. C’est aussi pour Sylien l’occasion de vivre un moment mémorable : les deux cuisinières ont préparé des gâteaux et c’est donc ici que nous lui fêtons ses 10 ans, accompagnés de « feliz compeaños ». 
  


 













Le retour entre Uyuni et Tupiza sera marqué par deux ensablements du 4x4 : il a fallu pousser en pleine tempête avec nos petits bras.



A Tupiza avant de quitter la Bolivie, quelques jours pour se promener dans les environs (notamment rando à cheval), paresser au bord de la piscine avec Livia, Tanguy et Tiphaine, et regarder (un peu tôt) les demi-finales de coupe du monde de rugby.



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LA PAZ - du 3 au 7 octobre


Venant du Titicaca, on traverse El Alto, périphérie qui ne finit pas de s’étendre avant La Paz. Puis on bascule sur La Paz. La paix y est relative, pour cette ville qui s’étend de 3200 à 4000 mètres d’altitude. En bas, les quartiers chics, les tours d’affaires. Plus haut, le centre historique, avec musées, quelques rues piétonnes. Plus on monte, plus la précarité apparaît. Sur les flancs des montagnes, des maisons en parpaings avec un réseau impressionnant d’escaliers raides.



Près de notre hôtel, des rues commerçantes spécialisées : une pour la viande, une pour la robinetterie, une pour le papier toilette, une pour les fruits… et une où se répartissent T-shirts de foot et fœtus de lamas ! Eh oui, il paraît que ces derniers, enterrés dans les jardins, assurent bonheur et prospérité. En attendant, suspendus dans la rue, c’est plutôt repoussant (pas de photo sur le blog, pour ne pas choquer notre jeune public). Autre curiosité, les cireurs de chussures : beaucoup d’entre eux sont masqués, car les étudiants faisant ces petits boulots ne souhaitent pas être reconnus de leurs camarades.





Après quelques musées intéressants (à nouveau un musée d’instruments de musiques, avec des instruments que cette fois nous sommes autorisés à manipuler), quelques lectures à l’alliance française, nous quittons la Paz en bus panoramique, aux premières loges pour observer le paysage et surtout le spectacle de la rue. Et il y a de quoi voir : des taxis qui s’arrêtent aux côtés du bus et déchargent des tonnes de sacs dans les soutes. Le bus se vide parfois, le temps que les passagers descendent s’acheter à manger, puis repart au bout d’un moment, nous permet d’admirer des mariés se faisant prendre en photos à la sortie de la Paz sur un pont au-dessus d’une 4 voies…



En route, nous apercevons parfois des cimetières au milieu de nulle part, souvent sans enceinte ce qui permet aux ânes de s’y promener et d’y bouloter les fleurs les plus fraîches. Malheureusement aussi, une bande de 20 à 30 mètres de déchets, bouteilles vides et sacs plastiques (quand ce ne sont pas des déchets toxiques du type batteries) de chaque côté de la route. A l’image de l’Equateur et du Pérou des progrès restent à faire dans le domaine du traitement et du recyclage des déchets ; le contraste entre le culte à la Pachamama (Terre nourricière) et la manière de la traiter est souvent consternant. Enfin, nous croisons les derniers manifestants (qui quelques jours plus tôt avaient beaucoup fait parler d’eux en défilant à la Paz et en bloquant les bus sur les routes principales) : le projet de construction de route traversant une réserve indigène, sans consultation des habitants concernés, menace faune et territoires indigènes, ce qui a provoqué une vive émotion dans le pays. Evo Moralès, pourtant premier président issu des communautés indigènes (il est Aymara), s’est montré inflexible en mettant en avant le développement économique du pays. A suivre.


Un coup de cœur enfin pour une initiative remarquable : celle d’Anne Courrège, une Française installée à Cochabamba et qui depuis plusieurs années va à la rencontre d’enfants dans des communautés avec un bibliobus. Tapez «  ayni.org » (organisation dont dépend le projet au niveau institutionnel) ou « bibliobus cochabamba » sur un moteur de recherche pour en savoir plus. Faute de temps, nous n’avons pu nous y rendre mais l’encourageons de tout cœur, n’est-ce pas Danièle…

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COPACABANA et l’île du Soleil - 28 septembre au 2 octobre

Copacabana

Copacabana est situé 8km après la frontière. Le passage terrestre de la frontière est épique : on quitte le bus pour parcourir différents bureaux côté péruvien, puis on passe la frontière à pieds, re-bureaux côté bolivien (plein de jolis tampons sur les passeports) et on reprend le bus.






Copacabana n’est pas une jolie ville, mais la baie, dominée par plusieurs monts, est agréable. Nous montons le chemin de croix au-dessus de la ville. Mais surtout, avant de partir pour la Paz, nous faisons un détour par la cathédrale pour une étrange cérémonie, un baptême pas tout à fait comme les autres : des prêtres bénissent des voitures et bus, décorés de fleurs et garnis de crucifix et de cierges (même dans les moteurs, qui font probablement double emploi avec les bougies…).


Isla del Sol
   














Nous choisissons de contourner l’île pour ne pas l'aborder au Sud (port du village principal) mais plutôt au Nord. Cela nous permet de traverser l’île en plusieurs heures par un très beau chemin, passant à proximité de ruines incas encore en très bon état, et qui rejoint le village d’Yumani. Nous resterons 2 nuits chez Yola et Nolberto. Ils ont 3 filles, de 11 (Daniela), 6 (Clara) et 1 an (Liliana). Les deux grandes sont très excitées à l’idée de participer le lendemain à la fête de l’école, et nous sommes bien évidemment invités.


Samedi, avant donc la fête de l’école, Carla nous montre elle aussi son cahier de lecture et tous les mots qu’elle connaît. Elle est également très contente de taper certains mots sur un de nos ordis : c’est bien plus amusant qu’écrire sur une feuille, et pas besoin de gomme pour effacer les bêtises ! Puis vers 10 heures, Daniela part en direction de l’école, vêtue de blanc, avec une écharpe tricolore (verte, jaune, rouge, bien sûr) et un drapeau. Carla est fière ensuite d’y emmener Juliette et Sylien. Si vous avez en tête le stand frites-merguez, des jeux pour les enfants ou un lancer de ballons, oubliez. Une fête de l’école sur l’Isla del Sol est en fait indescriptible. Nous allons pourtant essayer.


L’école ressemble à n’importe quelle école, une grande cour rectangulaire, bordée de salles de classes. Quand nous arrivons, différents groupes sont en file indienne autour de la cour. Quelques groupes d’enfants, mais surtout des adultes, des danseurs, des musiciens. Le cortège défile ensuite devant « les autorités »  (hommes qui pendant une période définie consacrent leur temps à la communauté) et leurs femmes. La cacophonie est générale puisque au moins trois groupes de musiciens jouent en même temps sur un périmètre restreint. On a par exemple un groupe d’hommes avec d’énormes épaulettes recouvertes de peau de fauve, équipés de flûtes. On voit aussi un groupe de danseurs et musiciens aux couleurs très vives (même carrément fluos) dont les origines sont la région de Potosi. Un groupe de danseurs fait penser aux « joyeux turlurons » de Tintin et les Picarros. Des groupes de femmes portant le costume traditionnel défilent avec leurs enfants, d’autres avec un immense drapeau bolivien. Tout cela reste, au moins dans un premier temps, très solennel. Suivent d’ailleurs quelques discours, en Aymara ou en Espagnol.
Ensuite, les groupes passeront plusieurs heures à danser en alternance.



Nous reviendrons en fin d’après-midi. Les danses sont moins précises, les musiciens moins appliqués, les « autorités » un peu moins dignes : une corrélation avec les centaines de cadavres de bouteilles de bière n’est pas à exclure… Des touristes ont aussi fait leur apparition. Nous préférons le spectacle donné par le soleil couchant.

mercredi 28 septembre 2011

PEROU

PUNO et les îles péruviennes (lac Titicaca) - 23 au 27 septembre


Puno est le point de départ pour les expéditions sur les îles du lac, côté péruvien. Là, nous sommes dans l’altiplano, cette région aride, pauvre, mais splendide. Le lac est à 3810 mètres d’altitude. Que de légendes autour de ce lac ! En premier, rien moins que le berceau de la civilisation inca, puisque Manco Capac en serait sorti des eaux pour ensuite fonder Cuzco. Une partie du trésor inca y serait également engloutie. Les incas traversant le lac avec des tonnes d’or pour la rançon de l’empereur Atahualpa, apprenant que Pizarro n’avait pas tenu parole et finalement lâchement assassiné l’Inca, décidèrent de jeter le trésor dans le lac. Comme le commandant Cousteau, nous avons cherché, mais fini par abandonner. Un roi-soleil d’un peuple du lac se serait aussi enfui des rives et même des Andes pour prendre la mer : un certain Kon-Tiki, qui a dû largement inspirer Thor Heyerdal pour son célèbre voyage vers la Polynésie… on en reparlera.
  


Parmi les îles proches, les îles Uros (les indiens Uros ont disparu et des indiens Aymaras ont compris qu’il pouvait être intéressant de se faire passer pour leurs descendants…) sont des îles complètement artificielles, faites de roseaux. Ces îles peuvent se diviser ou au contraire se regrouper ; elles regroupent chacune 5 à 10 familles.


 
Nous allons aussi nous promener sur l’île encore sauvage d’Amantani. Afin d’en profiter au mieux, nous choisissons d’y dormir une nuit, chez une famille. Les conditions sont sommaires, mais le contact avec la famille est agréable. Le petit garçon, Clever, 6 ans, nous montre ses acquis en lecture. Sa grande sœur de 12 ans, assise au coin du feu, ne dit rien, mais fixe longuement Juliette. Que pense-t-elle ? Peut-être y-a-t-il de l’envie, ou bien de l’indifférence, voire du mépris pour les touristes que nous sommes. Nous ne saurons jamais. Les repas sont copieux et très bons ; nous aurons droits aux petits poissons du lac frits au petit déj.
 

La traversée de l’île de Taquile est aussi une très belle balade. Comme Amantani, puis plus tard l’Isla del Sol, les décors nous font penser à l’Adriatique, voire aux Cyclades, avec des paysages rocailleux parcourus par de nombreux ânes. Pas d’oliviers cependant… et surtout une température de l’eau plus proche de celle des îles Feroe.
L’artisanat de Taquile est inscrit au patrimoine mondial, notamment en raison de la finesse de ses tissus. Les codes vestimentaires régissent une bonne partie des relations sur l’île : la couleur du bonnet détermine par exemple si l’homme est marié ou non, le côté sur lequel pend le pompon montre s’il recherche une amie, un chapeau de feutre noir sur un bonnet signifie qu’on a affaire à un représentant de l’autorité…


  
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AREQUIPA et le Canyon de la Colca  -  17 au 22 septembre

Nous découvrons la ville quasiment seuls à 5H30 du mat, après une nuit en bus « cama », peu de monde dans la « ville blanche » (car beaucoup de bâtiments sont construits en pierre de lave blanche). Quelques rues très agréables, une grande Plaza de Armas bordée d’une double rangée d’arcades avec sur son quatrième côté l’imposante cathédrale. Cependant en restant plusieurs jours dans la ville, le bruit et surtout la pollution automobile nous insupportent. Dès 6 heures du matin et jusqu’à 22 heures, comme dans beaucoup d’endroits en Amérique latine, la conduite à l’avertisseur sonore est un véritable mode de conduite ; il est impossible ici de trouver un endroit sans entendre klaxonner pendant dix secondes. Quant au nuage de pollution, rarement chassé par les vents ou la pluie, il voile régulièrement le volcan Chachani et le célèbre Misti aux allures de mont Fuji.
Mais il existe un endroit qui à lui seul vaut le détour par Arequipa : le Monastère Santa Catalina. Ce couvent, ouvert depuis plusieurs années au public et où il reste une trentaine de sœurs, est une véritable ville dans la ville. On traverse des dizaines de cellules, mais cellules plutôt 4 étoiles avec annexes pour servante. Chaque pan de mur coloré associé au ciel bleu de la ville et décoré de quelques plantes nous donne envie de faire des photos. Les enfants qui rechignaient un peu pour la visite, apprécient de se perdre dans les ruelles et passent un bon moment à tester le système de canaux qui alimentent les lavoirs.




 
L’autre grand classique de la région est la visite du Canyon de Colca. On aimerait bien s’organiser nous-mêmes pour y aller mais on hésite car les bus ne sont pas très fréquents dans le canyon. Et puis en bus, on ne peut pas s’arrêter prendre des photos. Randonnées dans le Canyon très physiques d’après ce que nous racontent des jeunes qui en reviennent, et à faire de préférence avec un guide. Des dizaines d’agences proposent les mêmes tours et nous ne sommes pas très chauds pour une visite en groupe. Après vote et moult discussions en famille et préparation psychologique pour affronter la vie en groupe, on se décide enfin pour un tour classique de 2 jours avec Cevitour sans grande rando.

Au final, on ne regrettera pas notre choix. Cette parenthèse « au vert » nous aura permis de découvrir les paysages de désert dès la sortie d’Arequipa, de battre notre record d’altitude à 4925 mètres (le Mont-Blanc que nous apercevions de haut paraissait bien petit), d’apprécier les anciennes terrasses incas et les bains chauds de la vallée de la Colca, de croiser vigognes, lamas, alpaguas au hasard d’un virage et d’admirer une dizaine de condors au dessus de nos têtes. Tout ça dans un petit bus pour 8 avec un guide très agréable, mais avec, en contrepartie, pauses déjeuner dans restaurants pour touristes et spectacle folklorique imposés ! En attendant, nous avons rencontré Guisella qui nous invite à Santiago de Chile.


Nous quitterons finalement Arequipa sur une excellente impression, après y avoir déniché quelques jolies places ou cours intérieures où nous nous sommes régalés d’empanadas et jus de fruits frais. Nous laissons donc Arequipa, la terrasse ensoleillée de l’hôtel où nous prenions les petits déjeuners, pour partir en direction de la pluvieuse Puno, au bord du lac Titicaca.
La route, empruntant une partie de voie menant au canyon, typique de l’altiplano, est magnifique. On revoit les vigognes, puis dans une zone de pampa, de nombreux troupeaux de vaches, moutons, ânes et alpagas nous accompagnent. Patricia et
Juliette aperçoivent également des flamants roses au bord d’un lac. Nous verrons enfin une douzaines de tornades plus ou moins puissantes… qui feront moins de dégâts dans le bus qu’un groupe de musiciens un tantinet éméchés.





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CUZCO et la vallée sacrée des Incas – Du 4 au 16 septembre 2011

Que dire de Cuzco, et par quoi commencer ? Ici, il semble que même les quartiers populaires soient moins sinistres qu’à Quito. Les constructions ressemblent davantage à des habitations, peut-être les couvertures en tuiles y faisant quelque chose. Quant aux environs du centre ville, c’est tout simplement splendide. Nous avions en tête les murs incas et c’est en fait le Cuzco colonial, avec ses rues pavées, ses places bordées d’arcades, son architecture harmonieuse, ses belles maisons coloniales avec balcons de bois sculptés et magnifiques cours intérieures, qui nous saisissent en premier. La ville, qui devint rapidement la capitale de l’empire inca, le nombril du monde andin (« cuzco » = « nombril » en langue quechua), fut la cible privilégiée des conquistadores, déterminés à anéantir la culture inca. Pourtant il subsiste de nombreux endroits, contrairement à Quito, où les constructions espagnoles s’appuient sur les fondations apparentes incas. Bref, située à 3400m d’altitude, s’étendant dans une vallée magnifique et entourée de montagnes, vous l’aurez compris : nous sommes tombés sous le charme….


Mais il a aussi fallu en payer le prix : partout il est fait mention du mal lié à l’altitude (soroche), et c’est probablement ce qui a affecté Juliette, qui a cumulé maux de tête, fièvre et même malaise. Les parents n’ont pas toujours fait les fiers après avoir grimpé à pas de sénateur quelques marches d’escalier. Sylien, lui, a continué de cavaler comme si de rien n’était…

Site inca de Pisac



Nous ferons les 30km qui nous séparent de Pisac en colectivos (bus), sur une très bonne route. Le village, au bord de la rivière Urubamba et très réputé pour son marché artisanal, est surtout dominé par un site inca de toute beauté (petite info pratique : désormais, il n’est plus possible d’acheter un billet seulement pour la visite, mais l’entrée doit faire partie d’un des boletos turisticos…). L’originalité du site est que plusieurs quartiers sont répartis dans la montagne, ce qui permet, après être montés en taxi, de faire une très belle randonnée en descente vers le village. La première vision est le saisissant panorama proposé par les terrasses en étage, avec leur muret anti-érosion bien entretenu. A bien y regarder, un détail intéressant : régulièrement, des pierres ressortant du muret font office d’ingénieux escaliers. Puis nous parcourrons les quartiers d’habitations, parfois labyrinthiques. Les fenêtres trapézoïdales, symbole de l’architecture inca, sont présentes partout. La promenade nous fera passer par des escaliers bien raides, un tunnel dit du Puma taillé dans le rocher, nous longerons des cavités inaccessibles dans la roche, en fait une gigantesque nécropole. La descente au village se termine par à nouveau de belles terrasses.


Forteresse inca d’Ollantaytambo

 Ce site est une énorme forteresse destinée à surveiller la route en direction du Machu Picchu. Un escalier bien raide monte au sommet. Impression étrange que de se dire que les conquistadores dans la région ont connu ici leur seule véritable défaite…


Pour nous, c’est d’ici que nous prendrons le train pour …

… le Machu Picchu, à la rencontre d’un mythe


Cette photo est dans tous les guides, sauf que celle-ci, c'est nous qui l'avons prise...

C’est le but ultime d’un séjour dans la région. Pour s’y rendre, il faut presque obligatoirement passer par Aguas Calientes (appelée ainsi pour ses eaux chaudes, mais maintenant dénommée « Machu Picchu Pueblo »), au pied de la montagne sacrée. Un premier plan « routard » permet par Santa Teresa et la centrale hydroélectrique de rejoindre le Machu Picchu sans se ruiner (et à condition d’avoir du temps). Nous, nous choisirons un accès plus classique. Un minibus nous emmène en effet jusqu’à Ollantaytambo (voir plus haut). De là, nous prenons un train (au prix touriste, même si désormais il n’y a plus de monopole et trois compagnies se disputent le marché, ce qui permet de faire baisser l’addition) pour Aguas Calientes. La pluie qui n’a pas cessé en fin de journée, nous a contraint à acheter des billets de bus pour grimper les 8 km nous séparant de notre but. Nous avons un peu confondu le climat de Cuzco, en principe à cette période sec et frais, et celui des environs du Machu Picchu, plus chaud et beaucoup plus humide en raison de sa situation proche de la forêt tropicale. Bien sûr, suite à nos vacances en Thaïlande, nous sommes équipés d’efficaces capes de pluie… qui sont restées dans nos sacs à Cuzco… Finalement, à 4 heures du matin, encouragés par le ciel étoilé, nous serons les premiers à longer à pieds, équipés de lampes frontales, la rivière Urubamba (les billets de bus serviront pour la descente, soulageant nos petites jambes fatiguées). Ici, petite parenthèse pour toi ami routard qui nous lit et qui veut être le premier à 6 heures du mat à l’ouverture du site : tu dois savoir qu’il y a un contrôle au pont avant d’effectuer la montée des 1600 à 1700 marches, mais aussi qu’une grille, qui ne s’ouvre que vers 5H, bloque désormais le passage. Une fois la grille franchie et la grimpette d’une bonne  heure effectuée, on a enfin le droit de pénétrer sur le site. Le premier panorama, du mirador proche de l’entrée, est une sensation inoubliable. Et puis nous traversons les quartiers et les places pour rendre à l’opposé, pour grimper au Wayna Picchu (vous savez, le pic qu’on voit partout sur les photos en arrière plan). La grimpette est plutôt ardue, et Patricia, sentant les nuages monter, nous fera croire à quelque difficulté liée au vertige (mais n’en croyez rien) pour nous inciter à redescendre avant le sommet. Bien lui en a pris, car la pluie fait son apparition dès que nous sommes en bas, et nous passons une petite heure en hommes des cavernes sous une roche à grignoter bananes et gâteaux secs. La visite des différents quartiers reprendra ensuite sous le soleil.

              



  
Etrange... Regardez bien...
Une fois revenus à Ollantaytambo, nous trouverons un taxi sympa qui nous ramènera à Cuzco.
Nous ferons tout d’abord une halte à Moray : ici, trois séries (dont une en excellent état) de terrasses agricoles, aménagées en cercles concentriques décrivent un paysage unique. Ces terrasses étaient en fait de vastes laboratoires agricoles où les Incas, semble-t-il, testaient des variétés dans un site où, microclimat aidant, de forts écarts de températures pouvaient exister entre les différents étages. Très impressionnant.
 
   
Le deuxième arrêt est pour les célèbres Salines de Maras : ici, accrochés sur les flancs de la montagne, près de 4000 bassins (dont les plus anciens datent de l’époque pré-inca) permettent d’exploiter les eaux salées sortant de nappes alentour. Spectacle là-aussi grandiose, mais où la présence humaine est ici forte avec des familles issues de deux communautés se partageant
 les bénéfices du sel vendu, dans des conditions extrêmement pénibles. On hésite entre fascination et compassion.
 De retour à Cuzco, nous ne bouderons pas notre plaisir de flâner à nouveau dans les rues du centre historique et n’oublierons pas de grimper au-dessus de la ville pour découvrir la grande forteresse de Sacsayhuaman, avec ses trois étages de remparts faits d’immenses pierres, une fois de plus aux angles multiples et néanmoins ajustées au millimètre. Les nombreux (et parfois violents) séismes dans la région n’ont que très peu d’effet sur ces constructions.

 
 Un grand merci à Marianella pour son accueil et ses conseils à Mama Simona et aussi merci à vous qui avez la gentillesse de nous lire. Vos messages également nous font très plaisir.